L’IFREMER démontre qu’une bonne politique et la connaissance scientifique ont permis en 20 ans de réduire la surpêche et préserver des espèces. Mais il faut encore accentuer les efforts !

Nous évoquions dans l’un des premiers billets (à propos des enseignements de la préservation de la couche d’ozone) de ce site que l’efficacité d’une politique environnementale doit s’apprécier sur la durée et demande du temps (temps dont nous pouvons manquer hélas). Il faut parfois plus de 20 ans pour sentir les effets d’une politique.

I- Une amélioration visible en 20 ans démontrant un début de reconquête écologique

La France étant selon actu-environnement le quatrième pays européen en termes de capture de poissons, c’est peu dire que les actions de notre pays pour préserver la biodiversité marine sont donc regardées de près. Depuis plusieurs l’institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER) est mission pour suivre les effets des politiques en matière de pêche et évaluer la vulnérabilité des espèces.

En 2000, IFREMER estimait que 36% des espèces étaient insuffisamment évaluées, 49% des espèces en surpêche dont une partie gravement dégradées, 6% des espèces en situation de reconstitution et seulement 9% de la population en bon état.

En 2020, La part mal évaluée ou non classifiée ou irréversiblement est ramenée à 20% tandis que la part des espèces en surpêche dont une part irréversible ramenée à 30%, la population reconstituée passant à 13% et la part en bon état à 47%.

État populations poissons exploitées France 2020

Le site The Conversation a également publié un article fort intéressant d’Arnaud Auber, chercheur à l’IFREMER, expliquant pourquoi certaines espèces restent mal connues.

II- Mais qui ne doit pas cacher des enjeux toujours importants, notamment pour certaines espèces et en Méditerranée

Ceci signifie que peu à peu un pêche durable s’est instaurée ce qui est une excellente nouvelle. Certes comme le relève IFREMER :

(c’est) une amélioration dont on peut se réjouir mais dont il ne faut pas se contenter. Malgré des chiffres en nette progression, l’objectif premier de la Politique Commune de la Pêche (PCP) -à savoir 100 % des populations pêchées au niveau du Rendement Maximum Durable en 2020- n’est pas réalisé, pas plus que celui de la Directive-cadre Stratégie pour le Milieu Marin (DCSMM) qui préconise le retour au bon état écologique de l’ensemble des populations halieutiques.

Ifremer

Par ailleurs IFREMER relève qu’il ne faut pas raisonner que sur la base de la masse totale des poissons mais bien raisonner espèce par espèce et sur ce point le constat est terrible : certaines espèces tendent à s’effondrer (cabillaud de la mer du nord, merlu de la méditerranée) alors que d’autres s’en sortent mieux. Par ailleurs la situation des espèces en Méditerranée semble plus délicate que pour les populations de l’atlantique et mer du nord.

populations poissons état 2020

On le voit, le combat pour préserver les espèces marines et loin d’être gagné d’autant que l’on ne parle ici que de la France et de mesures européennes qui sont loin d’être celles à l’échelle du globe. Néanmoins il s’agit ici d’une belle démonstration à la fois de l’intérêt de ces politiques environnementales, de la nécessité de s’appuyer sur la science (ici les connaissances d’IFREMER et de la communauté scientifique ont aussi clairement contribué à « mieux pêcher ») et de maintenir, renforcer, nos efforts.

Nous ne pouvons que vous inviter à consulter le rapport en ligne de l’IFREMER, très accessible et intéressant.

Ainsi que cette vidéo d’IFREMER :

III- Pour mieux consommer

C’est donc une excellente nouvelle malgré tout, mais plus que jamais nous nous devons donc d’être vigilants aux poissons que nous mettons dans notre assiette si on est consommateur de poisson. Outre le fait d’être plus raisonnables dans nos consommations, il est important donc de regarder ce que nous mangeons et pour les poissons cela passe par l’origine de la pêche.

Si on peut utilement s’appuyer sur le dessins ci-dessus qui résume assez bien l’état des espèces, il existe diverses applications pour nos smartphones a utiliser pendant les courses, dont (mais il en existe d’autre) l’application We Act For Good (WAG) de la WWF qui aide bien à chercher nombre d’informations et se mobiliser (qui dispose d’un radar guidant vers les commerces ayant recours à des pêches certifiées).

Ajout du 21/2 : autre source d’information sur l’étaies species, utile pour s’alimenter de manière plus responsable : http://www.guidedesespeces.org/fr